L’ÉDUCATION DU CHIEN EN PÉRIODE DE CORONAVIRUS

Lundi 23 mars 2020 1- Les petites promenades du chien

Plusieurs d’entre vous m’ont contacté par téléphone ou par mail, pour m’expliquer qu’avec leurs chiens, par moment, c’est parfois compliqué en période de confinement.C’est pourquoi je vais essayer à distance de vous conseiller. Car pendant au moins un moins, c’est malheureux mais indispensable, on ne pourra pas s’approcher les uns des autres. Même nos chiens ne pourront pas jouer ensemble car ils doivent être sorti en gardant des distances de sécurité.

La bonne nouvelle, d’un point de vue vétérinaire, c’est que les chiens ne sont porteurs en aucun cas du coronavirus. Il suffit donc de balader son toutou sans aller au contact des autres promeneurs pour éviter de ramener cet agent infectieux à la maison. Il est beaucoup moins dangereux de promener son chien dans ces conditions que d’aller se ravitailler au supermarché ou à la boulangerie. Pour la promenade, Il suffit de garder les mains sur sa laisse, de se les nettoyer en cas de contact avec des objets extérieurs et de garder des distances avec les autres passants.

Pas la peine de promener votre chien six fois par jour, deux petites promenades suffiront à son équilibre, une le matin et une l’après midi à condition de bien l’éduquer dans votre appartement car le bonheur pour votre chien c’est d’abord d’être avec vous.


Mardi 24 mars 2020 – 2. Les règles alimentaires

Les premières règles de conduite que le chien peut comprendre en entrant dans un appartement sont les règles alimentaires. La cuisine est bien évidemment pour lui un endroit très intéressant où des commandements doivent s’appliquer.

Apprenez à votre chien à se mettre assis quand vous lui donnez à manger. Vous n’aurez même pas à lui donner un ordre puisque c’est le fait de tenir la gamelle qui fera office de commandement. Soyons bien clair ici, l’alimentation n’est pas un concentré d’affection, c’est une ressource essentielle qu’il vous faudra, confinement ou pas, contrôler pour ne vous faire déborder par votre chien. Ne vous laissez pas avoir par la fixité sans sourcil d’un regard de chien.

Personnellement, quand je mange, je demande à mes chiens de sortir de la cuisine pendant le repas. Puis je fais disparaître la restriction en prononçant un ordre essentiel : « C’est fini ! »

Attention ! En cette période de faible activité, ne lui donnez pas trop à manger !


Mercredi 25 mars 2020 – Les chiens et les enfants en confinement

En période de Coronavirus, les chiens sont des extraordinaires compagnons pour les enfants. La joie apportée par un toutou bien dans sa peau est un formidable antidépresseur tout au long de la journée. Ainsi, Thomas nous explique : »La nuit ma chienne est une présence rassurante. Le matin, je lui apprends à rapporter des objets ou à faire des positions rigolotes. Avant de me coucher je lui fais plein de gros câlins.« 

Grâce à Easy et Youyou, toute la famille n’est pas déconnectée de la réalité car les animaux nous permettent de garder un rythme naturel. Les deux promenades, les repas et les règles de conduite que vous lui donnerez à la maison vous permettront d’avoir un chien joyeux, une émotion inestimable dans cette période anxiogène.

Comme toujours, il faut respecter la nature de votre chien, en lui permettant d’avoir des périodes de tranquillité, un espace à lui où se reposer. Apprenez aussi à votre enfant à ne pas l’attraper et à ne pas le forcer à jouer.

A demain !

Alain Lambert

 

ADOPTER UN CHIEN : UNE BONNE ACTION EN VOIE DE DISPARITION ?

La révolution numérique a fait exploser le nombre de chiots achetés au détriment de l’adoption !

AnimalObjetSPA« Un animal n’est pas un objet ! Ne l’achetez pas, adoptez le ! » ce slogan utilisé par la SPA de Paris au début des années 2000 a pris un très gros coup de vieux depuis la révolution numérique. Depuis l’avènement d’internet, qu’on le veuille ou non, jamais les animaux de compagnie n’ont été autant achetés qu’aujourd’hui. Les organisations de protection animale auront beau claironner que grâce à leurs actions elles ont permis de faire que l’animal soit considéré par la loi française comme « un être doué de sensibilité » la lecture des statistiques est sans appel, les animaux domestiques sont toujours plus des objets de consommation. Ce sont, plus que jamais, des biens, des objets vivants qu’on achète grâce à la contribution commerciale des moteurs de recherches du net. Le modèle sur lequel sont construits ces outils informatiques n’est pas philanthropique, c’est un système économique qui privilégie la vente et la marchandisation planétaire.

Sur internet « choisir un chien » se transforme en « choisir une race de chien » en un clic !

Avant de devenir des biens matériels les animaux sont des objets numériques. Plus de 80 % des Français se connectent tous les jours au réseau mondial et la moitié d’entre eux le fond avec des smartphones plusieurs dizaines de fois par jour. Dans cet océan de personnes « connectés », l’animal de compagnie joue un rôle important. On ne compte plus les millions de vidéos de chatons  ou les post consacrés aux animaux de compagnie sur les réseaux sociaux. Le numérique est une donnée incontournable pour l’acquisition d’un animal. Pour choisir un chien, l’immense majorité des français commencent par regarder sur internet et laissent aux algorithmes le soin d’orienter leurs recherches sans trop se poser de question. Faites le test : tapez « choisir un chien » sur votre moteur de recherche préféré et vous pourrez voir qu’en quelques clics seulement votre demande va se transformer en « quel race de chien choisir ». Un détournement de sens qui, si vous n’y prenez pas garde, vous orientera vers l’achat et non vers l’adoption d’un animal de compagnie.

Pendant que les refuges peinent à faire des adoptions, les éleveurs de la Société Centrale Canine font un carton !

La grande gagnante de la révolution numérique est la Société Centrale Canine. Elle faisait vendre péniblement cinquante mille chiens de races en 1972 (alors qu’il y avait presque 11 millions de chiens à l’époque). En 2016, Elle a explosé le record de ventes de chiots de races avec  235 312 chiots Lof  alors qu’il n’y avait plus que 7 millions de chiens dans le pays. En 2006, elle a lancé une plate forme internet qui permet de savoir en quelques instants où acheter un chiot de race dans toute la France. Les standards de races proposés par la SCC sont une bénédiction pour les moteurs de recherche.  Une multitudes de sites font ainsi des articles et de tests sur le thème « quelle race de chien vous convient ? »  qui orientent l’internaute vers l’achat d’un format canin plutôt que vers l’adoption d’un individu en tant que tel.

Naissances LOF

Quand mes parents ont adopté mon premier chien en 1972, il existait un peu plus de 120 races, aujourd’hui la Société Centrale Canine en propose plus de 300. A l’époque, les bergers blancs suisses, les terriers Jack Russell, les bergers australiens ou les cane corso et bien d’autres races actuelles étaient totalement inconnus.Et pour ce qui est des races déjà connues à l’époque, l’ascension a été fulgurante. En 1972, 179 chiots bouledogues français étaient vendus par les éleveurs certifiés par la SCC. En 1999, un peu plus de mille et en 2016, six fois plus avec 6508 chiots vendus avec certificats de naissance. 5 shibainu etaient vendus en 1972, 93 en 1999 et 1086 en 2017. Autre exemple, 124 staffie étaient vendus en 1999 et 83 fois plus en 2017 avec 10 014 chiots…

LesGentilsPetitsMolosses

Et pendant que les éleveurs de la Société Centrale Canine font un carton, les refuges peinent à faire des adoptions ! Nous en parlerons dans un prochain article…

Alain Lambert

 

Adopter un Jack Russell

Comme son nom l’indique, le terrier du Révérend Jack Russell fait partie des chiens qui ont pour vocation première de mettre leurs nez dans la terre. De nombreuses races de chasseurs de renard sont issues de Grande-Bretagne comme le Jack Russell qui vient précisément du comté de Devon en Angleterre. En France, pendant plusieurs années, les autres terriers d’Outre-Manche : les terriers d’Ecosse des bouteilles de scotch, les cairn et les norwich plus ramassés, les bull terrier au crâne plat et au stop effacé, les welsh au poil de « fil de fer » ont été supplantés en nombre par les Jack, comme on les appelle. Aujourd’hui, on les trouve souvent en milieu urbain parce qu’ils ont un format qui s’y prête bien.

Le Jack Russell Terrier mesure de 25 à 30 cm et le Parson de 31 à 38 cm. Il a un poil lisse facile à entretenir ou un poil dur qu’il faut toiletter. Sa tête qui n’est pas écrasée et son corps robuste font de lui un sportif accompli quand il n’est pas trop nourri. Il doit selon son standard ne pas dépasser les 7 kilos.

Il y en a malheureusement de plus en plus dans les refuges car ceux qui ont acheté ce type de chien ne savent pas toujours canaliser cet animal tout terrain. On trouve également dans les 260 associations de la confédération, une multitude de petits terriers atypiques qui ont la particularité d’avoir un physique unique. Comme toujours, n’hésitez pas à poser des questions aux bénévoles et aux agents animaliers pour connaître le caractère du joli terrier que vous aurez repéré.

 

Adopter un berger allemand

Le berger allemand est un des chiens les plus connus au monde. Même ceux qui ne connaissent rien à la cynophilie sont capables d’identifier sa morphologie. Ses oreilles droites et bien dressées, sa tête en forme de coin ni courte ni allongée, sa poitrine profonde, ses courbes obliques et la couleur noir et feu de ses poils court ou longs permettent de facilement le reconnaître. Sa corpulence (une taille de 55 à 65 cm au garrot et un poids de 22 à plus de 45 kilos) font de lui un chien impressionnant qui aura besoin d’entrainement. Le standard de la race le décrit comme un animal fidèle et obéissant mais c’est surtout sa bonne éducation qui conditionnera cette définition.

Dans les 260 refuges de la confédération on trouve de nombreux chiens de berger avec ou sans pedigree. On trouve également des mélanges incroyables qui ont vu passer un berger allemand dans leurs parentés. Mieux vaut éviter un discours catastrophiste ou élogieux sur les comportements de ces toutous car il y a autant de tempéraments différents que de chiens à adopter. Qu’il soit croisé ou non, plutôt que d’avoir une idée préconçue, passez du temps dans le refuge avec le chien qui vous aura plu. Sortez-le de sa cage et observez-le bien. Pour savoir s’il apprécie les enfants, les autres chiens, les chats ou s’il s’adaptera facilement à votre milieu de vie, écoutez avec attention les informations que pourront vous donner les agents animaliers. Ce sont eux qui, chaque jour, l’ont vu évoluer.

Adopter un labrador

Le labrador est une race de chien très à la mode à la campagne comme en milieu urbain. Il est facile à reconnaître avec sa tête ronde, ses oreilles tombantes, sa grosse truffe, ses yeux marrons et sa queue épaisse. Il a un pelage court noir, jaune ou chocolat avec un sous-poil résistant. C’est un chien puissant qui pèse une trentaine de kilos. Il est grand puisqu’il peut mesurer jusqu’à 57 centimètres au garrot.

Dans les 260 refuges de la confédération les labradors ne manquent pas.. Aujourd’hui, dans celui de Caubeyres, dans le Tarn et Garonne, Lotus fait le beau lors d’une séance photo pour trouver un nouveau maître. Qu’il soit croisé ou avec un pedigree, le labrador est un animal facile à trouver. Dans chaque refuge de la confédération, il y en a souvent plusieurs à adopter.

Nérée, quand à lui, a trouvé une famille depuis longtemps car il est très sociable. Aujourd’hui, il est très utile à sa maîtresse dans son travail d’orthophoniste.

L’engouement pour cette race ne faiblit pas vraiment car le travail de chien médiateur ou de chien guide donne au labrador une image très positive.

Cela ne veut pas dire pour autant que tous les labradors ont des dispositions pour faire de la médiation. Le labrador fait parfois les frais de sa trop bonne réputation. Ce n’est pas parce que vous adoptez un labrador qu’il sera plus facile à la maison. Chaque chien a sa personnalité, il faut qu’il soit bien sociabilisé et il faut lui donner une bonne éducation. N’hésitez donc pas à demander conseil aux agents animaliers pour connaître le caractère et le tempérament du chien que vous voulez adopter qu’il soit labrador ou non.

Quel chien adopter dans un refuge ?

1- Prenez le temps de la réflexion avant d’adopter un nouveau compagnon !

Une photo et un descriptif sur internet ne suffisent pas pour réussir une adoption.

Il vaut mieux prendre le temps de vous rendre dans un des 260 refuges de la confédération pour trouver votre futur compagnon. Évidemment, voir tous ces chiens derrière des barreaux va surement vous toucher mais avant de laisser parler votre sensibilité, il ne faut pas se précipiter.

Prenez le temps de réfléchir, d’observer et de vous renseigner. Il faut absolument demander conseil à un agent animalier ou à un bénévole chevronné du refuge pour repérer le chien qui vous ira comme un gant. Cet agent va chercher à savoir quel animal adapter à vos conditions de vie. Il pourra vous orienter en vous donnant des éléments d’informations importants sur les chiens qu’il connaît bien. N’hésitez pas à revenir dans un refuge plusieurs fois avant de faire votre choix. Si vous avez déjà un chien, venez avec lui pour savoir comment il va réagir avec ce nouvel animal. Et lorsque vous aurez enfin adopté le chien qui vous a plus, il faudra encore de nombreuses heures à lui consacrer pour qu’il s’adapte à votre nouvel environnement. Il faudra aménager votre temps libre et passer pas mal de temps avant qu’il ne devienne le chien idéal…

2. L’âge du chien à adopter est en rapport avec l’activité que vous pourrez lui donner…

Ce n’est pas une honte de dire que lorsque l’on vieillit on a moins d’énergie. Ce principe s’applique aussi bien aux chiens qu’aux humains. Il ne faut pas l’oublier si vous pensez adopter un chiot ou un jeune chien. Pendant de nombreux mois, il va vous falloir lui apprendre des règles de conduite et donner beaucoup d’énergie dans l’apprentissage de sa nouvelle vie. C’est pourquoi, certains responsables de refuges ne souhaitent pas confier des chiots à des personnes très âgées. Sophie Carrière, Présidente de la SPA de Mornac près d’Angoulême, par exemple, nous explique le problème : « On a eu des retours de chiens confiés jeunes à des personnes âgées qui n’ont pas le temps, la force et la patience d’éduquer un chien et qui forcément va revenir à un moment donné. »

Que vous soyez vieux ou jeune, si vous préférez passer beaucoup de temps dans un canapé, plutôt que de gambader, mieux vaut prendre un chien âgé. Annie Benezech, la Présidente du refuge SPA de Montpellier l’explique très bien : « Le vieux chien, on a pas besoin de le promener trois heures par jour. Il va falloir le promener mais avec beaucoup moins de vivacité qu’un jeune chien. Un vieux chien a une psychologie de pépère tranquille. Il va être vite sociable avec son nouveau propriétaire comme s’il le connaissait depuis toujours. »

Comme toujours, n’hésitez pas à interroger les responsables des refuges qui connaissent bien leurs animaux. « Si on a des chiens plutôt tranquilles, on ne va pas les faire partir avec des gens sportifs. En revanche, certains de nos chiens ont besoin de courir. Il leur faut des propriétaires qui font de l’exercice » explique Ludivine Chapignac, administratrice du Refuge Saint-Roch à Valence. En fait, le secret d’une adoption réussie c’est l’activité. Il ne faut pas croire que le besoin d’exercice est lié à la taille. Certains petits chiens ont plus de vivacité que certains gros pépère et avoir un jardin ne changera rien à l’affaire. Pour le comprendre, il suffit de regarder Youyou. Malgré ces six kilos tout mouillés, elle a besoin de se dépenser. Chaque jour elle parcourt avec moi des kilomètres. N’oubliez donc pas, avant d’adopter un chien, de réfléchir à l’exercice que vous pourrez lui donner. C’est une condition indispensable à la réussite de votre adoption.

3. Un chien de refuge : ça coûte combien ?

Peut être vous dites vous qu’en faisant une adoption vous allez trouver un chien « pas cher », une sorte de « chien d’occasion » ? Un cador en or qui vous donnera le moyen de faire des économies tout en faisant une bonne action ? Et pourquoi pas ? Le prix d’un chien de race vendu par un éleveur (1000 euros en moyenne) peut faire peur en comparaison des frais d’adoption que vous demandera une des 260 associations de la Confédération.

Dans un refuge, comme celui de Châtellerault par exemple, on vous demandera 150 euros pour l’adoption d’un chien adulte. C’est vraiment peu pour un animal vacciné en bonne santé, pucé et la plupart du temps stérilisé. Attention, toutefois, le coût d’un chien ne se limite pas à son prix d’acquisition. Il va falloir entretenir cet animal pendant plusieurs années. C’est pourquoi, même dans un refuge, on va chercher à savoir si vous avez des moyens financiers.

De 40 à 120 euros pour entretenir un cador !

Et l’argent, il va en falloir pour nourrir, soigner et donner de l’activité à votre nouveau protégé ! Selon Francoscopie qui étudie le mode de vie des Français, un chien coûte de 500 à 1300 euros par an à son propriétaire. D’un autre coté, à notre avis, ce n’est pas plus cher qu’un smartphone dernier cri qui a moins de sensibilité qu’un animal de compagnie.

4. Quel format de chien choisir ?

Pour bien choisir un chien dans un refuge, il faut se poser la question du format car il y a dans l’espèce canine une multitude de mensurations et d’origines. La sélection du chien n’est pas qu’une affaire de taille. Certaines races de chiens sont sujettes à des frais vétérinaires élevés. Il vaut mieux en être informé.

Avant d’adopter un chien, commencez par bien regarder son nez car, l’air de rien, le chien n’a que ça pour respirer. Joëlle Wermuth, Docteur Vétérinaire au refuge de Strasbourg nous l’explique :« les brachycéphales, les chiens qui ont un museau court et aplati ont souvent un voile du palais trop long, une sténose des narines, une trachée trop étroite. Ce sont des chiens qui, presque toujours, vont devoir être opérés pour élargir les narines et raccourcir le voile du palais. Cela va forcément entrainer des coûts ». Si vous le savez et que vous adorez les bouledogues ou les carlins, cela ne doit pas vous empêcher d’en adopter un.

 

Les yeux sont également à surveiller. Ce n’est pas parce que vous allez dans un refuge qu’il faut choisir un animal qui les a larmoyants. Certains chiens peuvent avoir des problèmes oculaires comme la keratite sèche qui vont generer des soins à vie. La scientifique nous explique les choses ainsi : « la kérato-conjonctivite sèche n’est pas lié forcément un problème de forme d’œil. Quand un chien a l’œil qui coule, qui a la sclère et les conjonctives rouges, il faut vérifier si il n’a pas ce type de pathologie »

Qu’ils aient des poils ou non, certains cadors ont la malchance d’avoir des problèmes de peau. Une pathologie génétique qui porte le joli nom d’atopie.

Tous ces problèmes physiques, vous ne les verrez pas si vous prenez un chiot. L’avantage dans un refuge, c’est que les animaux ont fini leur croissance. « Le plus souvent, le chien, dans un refuge, est adopté adulte ce qui permet de savoir s’il a une dermatite atopique alors que c’est une chose que l’on ne sait pas chez un chiot de 2 mois que vous prendrez chez un éleveur » confirme Joëlle Wermuth. « L’avantage de prendre un chien adulte est de connaître son caractère. Le désavantage, bien sûr, c’est qu’il peut avoir souffert de mauvais comportements humains mais le plus souvent c’est positif. On voit à quel type d’animal on a à faire aussi bien au niveau santé qu’au niveau du comportement. »

Il n’y a pas que dans sa tête qu’un chien doit être équilibré. Les chiens disproportionnés ont tous la particularité de vieillir avec difficulté. Choisir un toutou qui a un enorme corps et des micros pattes c’est original mais parfois en vieillissant c’est plus embêtant. Pour conclure, la vétérinaire nous confie avec le sourire qu’ « avoir un chien très très long, c’est un peu comme avoir une table qui serait très longue avec des touts petits pieds. Si on la surcharge, elle va bien moins tenir… »

Alain Lambert

Que faire quand on a perdu son chien ?

Le 14 juillet c’est la fête nationale, c’est connu ! Mais ce que l’on sait moins c’est que c’est aussi la fête des chiens perdus. Ce jour là, par peur des pétards et des feux d’artifices de nombreux chiens s’égarent.

Ce que l’on constate souvent, c’est que les propriétaires qui ont l’habitude de lâcher leurs chiens n’imaginaient pas un seul instant que leurs fidèles compagnons puissent fuir en courant. C’est pourquoi, il vaut mieux être prévoyant.

Même si votre chien revient facilement, n’oubliez jamais de lui mettre une médaille qui comporte votre nom et votre numéro de téléphone avec un anneau résistant. Assurez-vous que son collier soit solide, en bon état et vérifiez que votre chien ne puisse pas passer sa tête en dehors en reculant.

En France, l’identification par puce ou par tatouage de votre chien est obligatoire. Contacter l’I-CAD le fichier national d’identification des carnivores domestiques par internet ou par téléphone au 0 810 778 778 pour signaler sa disparition et pour savoir si vos coordonnées correspondent bien à son numéro d’identification. Faîtes le également dès vous changez d’adresse ou que vous le mettez en pension chez un tiers.

Si vous étiez en promenade quand vous l’avez perdu, inutile de courir partout. Il vaut mieux rester sur le parcours que vous avez pris avec lui, en revenant régulièrement à l’endroit où vous l’avez aperçu pour la dernière fois. Prévenez les différentes fourrières dès que vous êtes en mesure de le faire, en communiquant le numéro de tatouage ou de puce ainsi que la description précise de l’animal. Pas seulement celle de votre secteur (le chien peut changer de département) mais également celles des environs ; Bien entendu, les fourrières sont chargées de rechercher systématiquement les propriétaires. Cependant, entre les tatouages illisibles et les puces démagnétisées, il est préférable de prendre les devants. Attention ! Ne tardez pas à le faire car le temps de garde en fourrière n’est que d’une semaine. 8 jours après sa récupération, le chien deviendrait la propriété d’un refuge ou pire pourrait être euthanasié si vous n’allez pas rapidement le récupérer.

N’hésitez pas à contacter les mairies, les gendarmeries (en milieu rural) la police municipale (en milieu urbain), les refuges et les vétérinaires proches de l’endroit où vous l’avez perdu.

Dernier petit point qu’il ne faut pas négliger : vous êtes (vous ou les gardiens au moment de la fuite) civilement responsable des dommages que votre animal en liberté peut causer, par exemple un accident de la route. Vérifiez donc que les dégâts qu’il pourrait occasionner sont couverts par votre contrat d’assurance responsabilité civile.

N’oublions pas que « la prudence est la mère de toutes vertus » surtout quand on a un chien perdu !

L’éducation canine, une nécessité pour la protection animale !

Texte d’Alain Lambert lu en 2003, à l’occasion du centenaire du Refuge Grammont de Gennevilliers

Pour bien connaître l’éducation canine, il m’est paru indispensable de découvrir le plus grand nombre d’environnements dans lesquels peuvent évoluer les propriétaires et leurs chiens du début jusqu’à la fin. La fin, dans mon domaine, c’est la rupture du lien qui unit un maître à son chien. Il y a deux raisons principales pour que cette relation s’interrompe : la mort ou l’abandon. C’est pourquoi, après avoir exploré les différentes facettes de l’éducation canine, j’ai ressenti le besoin depuis ces deux dernières années de proposer mes services à la Société Protectrice des Animaux (SPA). Après accord de son Président, le Docteur Serge Belais, j’ai pu travailler avec mon équipe trois demi journées par semaine dans le chenil le plus connu de France : le refuge de Gennevilliers. Nous ne nous attendions pas à une situation aussi difficile. Ce refuge n’est pas un gentil petit chenil de province, c’est une sorte de gare de triage où transitent chaque année des milliers de chiens . Plus de 40 salariés, un refuge de plusieurs centaines de places, un va et vient incessant entre des chiens qu’on adopte et des chiens qu’on abandonne. Gennevilliers, c’est un effroyable mélange ou se croisent ce qu’il y a de mieux et ce qu’il y a de plus détestable dans l’être humain. Alors que nous aurions pu simplement nous occuper de nos gentils clients des beaux quartiers, nous avons été projetés trois fois par semaine dans une espèce de service d’urgence où rien ne se fait dans la nuance. Gennevilliers est un concentré d’émotions. Vous y trouvez le pire et le meilleur.

Le pire c’est sans aucun doute la période des grandes vacances. A Gennevilliers, l’été commence avec un défilé, celui des candidats à l’abandon. Comme chaque année à cette période, le hall d’accueil prend la forme d’une scène où se joue la comédie humaine. Une foule de déplorables artistes font, tour à tour, leurs numéros. Lunettes noires et nez rouges, ils se ressemblent tous, ils font pitié. Chacun se doit de constater, au vu de leur mouchoir à la main et de leurs regards larmoyants, qu’ils sont accablés par la fatalité.

Pour supporter ces journées d’été, du début jusqu’à la fin, il faut avoir le cœur bien accroché. Cette succession de lâcheté, d’échecs et de renoncement peut donner à certaines âmes sensibles un dégoût plus ou moins prononcé pour l’humanité. C’est pourquoi il faut faire preuve d’une certaine expérience et d’un peu de sagesse pour « accueillir » ce genre de « clients »

Nous les reconnaissons de loin. Ils ont la démarche lourde et tiennent au bout de la laisse, d’un geste gauche, le chien dont ils veulent se débarrasser. A les voir, on pourrait croire qu’ils portent toute la misère du monde sur leurs épaules. Devant nous, il n’y a pas monsieur Dupond ou madame Durand mais des Gavroche et des Cosette. Il n’y a pas la gérante d’une supérette mais la marchande d’allumettes. Chacun y va de son argument pour justifier son reniement. Parmi ces candidats à l’abandon, il y a deux grandes catégories, les spécialistes de la mauvaise foi et les gens de bonne volonté mais dépassés par les événements.

Fariboles et sornettes

Les premiers, des virtuoses de la sornette, sont assez faciles à reconnaître. Ce sont les « on a tout essayé » et les « il n’y a rien à faire » qu’ils vous imposent d’entrée de jeu. Pas question pour eux de repartir avec le chien. Ils n’imaginent même pas qu’il puisse exister des solutions, le chien qu’ils ont ne pose que des problèmes.

Il y a les désespérés. « Je ne m’imaginais pas que c’était comme ça ! » constate celui-ci. « Je pensais que ça se passerait autrement » atteste celle-là « Jamais, nous n’aurions pensé que c’était si compliqué d’avoir un chien ! » affirment ces découragés dont l’image qu’ils se font de leur animal ne correspond pas à la réalité. J’ai compris en les écoutant à quel point il était important, avant de s’occuper des chiens, de s’interroger sur les raisons de notre attachement, sur le regard que nous portons sur eux et sur ce que nous pouvons en attendre. Comme dans la fable, ils nous assurent mais un peu tard, « qu’on ne les reprendrait pas de si tôt ».

Il y a les manipulés. « On ne nous avait pas prévenu ! » s’insurgent-ils « On ne savait pas que ça se passerait comme ça ! » Ce « on » c’est tout un tas de coupables : les éleveurs, les vétérinaires, les multinationales, les lobbies, les médias, les associations, les professionnels, les ministères, le gouvernement, allez savoir peut-être le Président…Ceux- là n’hésitent pas un instant à se mettre en colère et à rejeter leur responsabilité sur le reste de la société.

Il y a aussi les malchanceux. A les entendre, ils ont eu le malheur de tomber sur un chien inadapté à leurs besoins. Ils portent un regard impitoyable sur le chien qu’ils viennent abandonner et leur taillent un costume sur mesure. Il est « trop » ou « pas assez » quelque chose. Sa race est trop difficile, trop nerveuse, trop agressive. Son âge en fait un chien pas assez calme, pas assez tranquille ou pas assez affectueux. Sa taille est trop grande pour un appartement ou trop petite pour une propriété. Il venait d’un élevage où il y avait trop de ceci ou pas assez de cela. Les malchanceux sont redoutables car il n’y a pour eux aucune raison de se remettre en question. Ils regarderont avec toujours autant de plaisir Trente Millions d’Amis à la télé et n’hésiteront pas à reprendre un autre chien dès que l’occasion se présentera. Fervents adeptes de la consommation, ils changent de chien comme on change de pantalon.

Il y a les déficients. En prenant un chien, « ils avaient… » mais « ils n’ont plus… » Ils n’ont plus une minute à eux, ils n’ont plus les moyens financiers, ils n’ont plus la place. Certains sont séparés, et celle ou celui qui voulait le chien est parti avec les meubles mais sans le toutou !

Les déficients nous amènent à nous interroger sur les choix que nous faisons dans notre vie, ce que nous faisons de notre temps, de notre argent et la façon dont nous gérons notre espace.

Certains n’hésitent pas après de tels arguments à saupoudrer une petite touche de recommandation et de bons sentiments. « Il lui faut un maître qui a du temps » ajoutent-ils parfois avec une dernière caresse en guise de ponctuation « Avec nous il n’est pas heureux »

Ces as de la faribole, ces princes de l’irresponsabilité ne présentent à nos yeux qu’une petite qualité, celle d’avoir eu le courage d’affronter notre regard désapprobateur. Il aurait été plus facile pour eux d’attacher leurs chiens à un poteau cinq cent mètres plus haut comme cela arrive fréquemment.

Ceux qui ont pris leurs chiens à rebrousse poils

En fait, la catégorie qui nous intéresse le plus, en tant qu’éducateurs canins, est celle de ceux qui sont dépassé par les événements. C’est celle pour laquelle nous pouvons faire quelque chose, parce qu’ils apprécient encore leurs chiens et qu’ils cherchent des solutions pour les garder plutôt que de s’en séparer.

Nous constatons en les écoutant qu’il ne suffit pas toujours « d’aimer » les animaux pour que cela se passe bien. Le plus grand reproche qu’on puisse leur faire est celui de n’avoir fait que peu d’efforts pour trouver des solutions à leurs problèmes avant de franchir les portes de Gennevilliers.

Il y’a ceux qui n’ont toujours pas réussi à faire comprendre à leur cabot que leur demeure n’est pas un sanichien*. « Des fois on le promène plus d’une heure sans qu’il lève la patte. A peine rentré, il fait ses besoins sur le tapis du salon » Ils font le bonheur des collectivités locales puisque leurs braves toutous s’évertuent à ne jamais faire leurs besoins en dehors de leurs appartements.

Il y a ceux dont la maison est devenu est un air d’ébat pour chiens. « Chez nous, il n’y a plus un objet à moins d’un mètre cinquante du sol, tout est installé en hauteur » Une sorte de no man’s land ou le toutou adoré a refait à sa façon la décoration. La plus petite absence du propriétaire déclenche chez lui une irrépressible envie d’écharper la moquette, de broyer les objets familiers, de customiser les canapés, de refaire les installations téléphoniques ou de manger la tapisserie.

Il y’a ceux dont le compagnon fait tout le temps son « one man chow chow ». Leur chien est devenu une diva qui n’hésite pas à s’exprimer à la moindre occasion. « Il aboie pour tout et n’importe quoi ! » Des chiens souvent très malins qui ont compris qu’il n’y a rien de tel qu’un aboiement par ci ou un hurlement par là pour accélérer le mouvement.

Il y’a ceux dont le cador est devenu une espèce d’empereur tout puissant. « La nuit je ne peux même pas me lever pour faire pipi. Installé devant la porte des cabinets, il ne veut pas me laisser passer. Il me grogne dessus. ». Leur chien est un Titus ou un César qui a progressivement occupé les endroits stratégiques pour instaurer une dictature canine dans leurs habitations.

Il y’a ceux dont la moindre sortie avec le chien est devenu une épreuve olympique : cent mètre haies quand le chien a décidé de sauter dans le jardin de la voisine !

Lutte gréco-romaine quand le charmant fanfaron a décidé d’en découdre avec les autres chiens du quartier. « Il ne supporte pas les autres mâles. Il déteste particulièrement le chien qui habite juste en face de chez nous »

Séance de musculation quand il faut le promener en laisse. « Il tire comme un bœuf. Il m’a fait tomber plusieurs fois » Course de fond quand on veut le lâcher dans un bois ou dans un parc public. « Avec lui c’est « viens ici fous le camp ». « Dès qu’on l’appelle pour rentrer, il part dans l’autre sens »

Loin de moins l’idée de jeter la pierre à tous ces propriétaires mais j’ai constaté qu’une grande part d’entre eux ont fait les choses à l’envers. Ils ont couru après leurs chiens quand il aurait fallu les encourager, se sont fâchés quand ils auraient dû les féliciter, les ont félicité quand il se devaient de ne pas s’y intéresser… Un grand nombre d’entre eux, sans le savoir, ont pris leurs chiens à rebrousse poils et s’étonnent de les voir mal se comporter.

En les écoutant, on se rend compte à quel point l’éducation canine à sa place ici. C’est à mon avis une nécessité dans la SPA d’aujourd’hui.

DANS QUEL REFUGE SPA FAUT IL ADOPTER UN ANIMAL ?

Comme Virginie, nous avons adopté nos chiens dans un refuge SPA.

Frisbee vient de la SPA de Gennevilliers.

Easy est venu de la SPA de la Réunion puis a été transféré à la SPA de Gien.

Youyou est une chienne que nous avons adoptée à la SPA d’Hermeray.

Dans le langage de tous les jours, SPA n’est pas un seulement un sigle, c’est un nom commun utilisé pour désigner un refuge de protection animale.

Il y a ainsi à peu près 400 refuges qui accueillent des animaux en France et s’appellent ou sont appelés SPA dans la commune ou le département dans lequel ils sont installés. Tout du moins jusqu’à maintenant car un grand nombre de ces refuges sont en danger ! La direction de la SPA de Paris tente, pour canaliser les dons et legs, de s’approprier ce nom à son seul usage exclusif. Elle a obtenu Un jugement du TGI de Paris en mars 2017 qui condamne les 260 associations de la Confédération Nationale des SPA répartis sur tout le pays pour « parasitisme ». La SPA de Paris ne gère pourtant que 56 refuges sur 40 départements. C’est pourquoi la CNSPA a fait appel du jugement.

Pour nous, les refuges, qu’ils s’appellent SPA ou non, ne sont pas des parasites !

Pour le démontrer, nous allons visiter en 2017 et 2018 le plus grand nombre de refuges pour montrer à quels points ces associations ont un rôle essentiel à jouer dans la protection des animaux… J’espère que vous nous suivrez pour savoir quel refuge il faut aider ou pour choisir un nouveau compagnon

Non, Madame Natacha Harry, Les autres SPA de France ne sont pas des parasites !

Bravo Madame Harry, vous avez gagné !

En quatre années, vous avez réussi à transformer la centenaire SPA de Paris en une espèce de startup de la protection animale. Finies les vieilleries de la Loi de 1901, vous avez noyé les principes associatifs, la solidarité, le partage, le bénévolat, la cause commune sans recherche de profit dans le grand bain du business contemporain !

Depuis votre arrivée en 2013, plutôt que de collaborer avec les autres SPA de France, vous n’avez eu de cesse que d’empêcher les autres associations de protection animale de mener à bien leurs missions. Vous les avez considérées comme des concurrentes à éliminer comme si la protection animale n’était qu’une simple histoire de marketing et de conflit commercial.

En mars 2017, vous avez réussi à faire condamner la Confédération Nationale des SPA de France (qui a fait appel) pour « actes de concurrence déloyale et parasitisme » parce que, je cite vos avocats « elle détourne à son profit les adhérents, dons et legs ». « Parasitisme » ! Il fallait oser ! Selon vous, les milliers de salariés et de bénévoles que constituent la CNSPA et œuvrent dans la France entière pour sauver toutes sortes d’animaux sont donc des « parasites » ? Les Présidentes et Présidents des SPA indépendantes qui ont consacré leurs vies à la protection animale : des parasites ? Les milliers de bénévoles de la Confédération qui passent leurs week-ends à s’occuper des chiens, des chats, des chevaux, des ânes, des animaux de ferme et des oiseaux : des parasites ? Les centaines de salariés qui, du soir au matin, veillent à la bonne santé de leurs protégés : des parasites ?

LA OU LES SPA

 

Il fallait oser les qualifier ainsi quand on sait que la SPA de Paris fait la cour aux notaires de toute la France pour récupérer des legs alors qu’elle n’a des refuges que dans 40 départements du pays ? N’est-ce pas vous, Madame Harry, qui avez ouvert des « maisons SPA » pour attirer les dons dans 7 départements où « la SPA » n’a strictement aucun refuge ? Qui est le parasite ? Le refuge de la SPA de Mérignac ou la boutique sans animaux que vous avez faite ouvrir à Bordeaux ? Qui est le coucou dans la Drôme ? Le refuge de Romans, la SPA de Montélimar, l’ASPA qui recueille les animaux de Valence ou bien la boutique commerciale et sans vie animale que vous avez installée dans le centre de cette ville ? Que vont devenir les protégés de ces associations indépendantes si elles ne peuvent plus récupérer les dons et les legs qui iront remplir les caisses de la SPA de Paris ? Dans ce détestable business plan qui consiste à faire croire au public qu’il n’y a que « la SPA » en France pour protéger les chiens, les chats et les chevaux, il y a surtout, comme vous le dites si bien dans votre dernier courrier la volonté d’ « accroître les sources de revenus de LA SPA de manière significative ».

Vous avez oublié un principe : On n’est jamais trop pour protéger les animaux ! Si vous gagnez en appel, contre la CNSPA, vous allez entraîner une catastrophe sans précédent car nous avons besoin du maillage des petites et des grandes associations, qu’elles s’appellent « SPA » ou non, pour recueillir un maximum d’animaux abandonnés.

On n’est jamais trop pour protéger les animaux !

Non, Madame Harry, l’association que vous présidez à Paris n’est pas et ne peut pas être la seule à porter le nom de SPA dans le pays. Pour être précis, elle n’en a absolument pas les moyens aujourd’hui.

Avec une capacité d’accueil d’environ 5.200 chiens, chats ou chevaux, dans 55 refuges seulement, elle est incapable de couvrir l’ensemble du territoire pour s’occuper de tous les animaux abandonnés du pays. Et ce n’est surement pas avec le bilan que vous nous présentez aujourd’hui qu’elle va pouvoir le faire. Alors que vous n’avez quasiment pas entamé le fameux plan de rénovation des refuges que vous nous promettez depuis 4 ans, vous réalisez un déficit d’exploitation en 2016 de 3.887.268 euros. Et que dire de ce fameux plan de rénovation si ce n’est qu’il est incohérent. Vous allez dépenser 3,9 millions d’euros pour construire un chenil à Mougins alors qu’il y a déjà un refuge de la Confédération sur son lieu de construction. A Gennevilliers, vous allez engloutir 5.770.000 euros pour construire un refuge qui va accueillir 150 chiens et 100 chats. 5.770.000 euros !

Soit 23.000 euros par place d’accueil !

J’aurais tellement aimé entendre Thierry Courrault, votre trésorier démissionnaire qui s’occupait « personnellement du dossier », nous expliquer comment il est arrivé à cette somme. A Briançon, vous prévoyez de dépenser 2.180.000 euros alors que dans le même département la SPA Sud Alpine a dépensé seulement 700.000 euros pour en construire un nouveau… Les maisons SPA, vos boutiques « attrape dons », qui devaient, (vous nous l’aviez dit ici même il y a 4 ans) ne coûter « que » 100.000 euros par an. Ces huit locaux commerciaux qui n’accueillent aucun animal ont coûté le double en 2016, la bagatelle d’un million et demi. Rien moins que 15.600 euros, en moyenne par mois et par local.

Et il y a plus grave.

Depuis que vous êtes Présidente, plusieurs millions d’euros ont été dilapidés pour payer des cohortes d’avocats, de sociétés de communication, de lobbying, de marketing choisis selon votre bon vouloir. La cerise sur le gâteau étant les centaines de milliers d’euros que vous avez fait verser à la société Image 7 d’Anne Méaux !

N’oublions pas de préciser à ceux qui ne le savent pas que les délits de conflits d’intérêts n’étant pas applicables à une association de droit privé comme la SPA, les administrateurs « bénévoles » ont tout loisir de faire travailler des personnes ou des sociétés qui leurs sont proches sans risquer la moindre condamnation. Permettez-moi, ici, de vous rappeler que vous n’avez toujours pas créé, après quatre années de Présidence, un comité d’éthique au sein de l’association alors que les statuts l’imposent…

Alors que la capacité d’accueil des animaux est en retrait à la SPA depuis votre arrivée, vous avez fait exploser la masse salariale en embauchant une multitude de cadres et de salariés. Il y avait 450 employés, il y a 10 ans, il y en a 656 aujourd’hui alors qu’il n’y a pas plus de refuge qu’en 2006. Record sans précédent, il y a maintenant plus de 100 salariés qui travaillent au siège du boulevard Berthier. Autant dire que cette volonté de professionnaliser à outrance ne laisse guère de place aux bénévoles dans l’association. Plutôt que de chercher à contrôler le chiffre tout rond de 3.000 bénévoles que vous nous donnez, il suffira de regarder la place des adhérents bénévoles dans cette salle pour le constater. Sans les adhérents salariés qui ont été conviés sur leur temps de travail, payés par l’association, le doigt sur la couture du pantalon, à voter les décisions de la direction, il n’y aurait pas grand monde dans cette assemblée générale…

La lente agonie de la SPA de Paris…

Pour terminer, je veux souligner qu’à votre arrivée en 2013, vous nous avez dit que « la SPA » était « un diamant brut qu’il convenait de tailler ensemble ». Je dois reconnaître ici que vous avez tenu parole.

A la lecture du bilan 2016, force est de constater que vous avez réussi à faire plonger les comptes de l’association ce que, à ma connaissance, aucun président de la SPA de Paris n’avait réussi à faire depuis sa création. J’ai peur qu’à ce rythme là, il ne reste bientôt plus que des babioles dans la trésorerie de l’association. Votre gestion commerciale de ce que j’ose à peine de qualifier une association va entrainer une déferlante de difficultés pour tous les refuges de protection animale sur l’ensemble du territoire national. Et le pire dans cette histoire, c’est que « la SPA » n’en bénéficiera même pas.

Aujourd’hui, il est trop tard pour démissionner, comme l’a fait votre trésorier Thierry Courrault quelques semaines avant cette assemblée générale. Il faudra assumer la lente agonie de la SPA de Paris qui se profile aujourd’hui.

Croyez le bien, personne ne s’en réjouit, pas moi en tant que simple adhérent de la Société Protectrice des Animaux, pas même la Confédération Nationale des SPA de France, car cette situation va nuire une fois de plus aux animaux et à l’ensemble des associations qui veulent les protéger !

Alain Lambert

Adhérent de la SPA depuis 2003

Texte lu à l’assemblée Générale de la SPA le 30 juin 2017

 

 

 

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